Journal : 1837-1861

«Je me demande si les pensées écrites à la suite dans un journal ne gagneraient
pas à être imprimées telles quelles au lieu d'être réunies, d'après leur nature,
en essais séparés. Elles sont ainsi liées à la vie et le lecteur ne se dit pas
qu'on est allé les chercher loin. D'autre part, il me semble que je n'aurais pas,
pour ces esquisses, de cadre convenable. De simples faits, des noms, des dates
sont à eux seuls plus évocateurs qu'on ne croit. Est-ce dans le bouquet que la fleur
est plus belle, ou bien dans le pré où elle pousse, quand nous nous sommes mouillé
les pieds pour aller la chercher ? À quoi bon ce qui sent l'école ?»
En 1852, lorsque Henry David Thoreau écrit ces lignes dans son journal, sait-il qu'il
pose les premiers jalons d'une longue et profonde réflexion sur la place de l'homme
dans la nature ? Considéré tout au long du XX<sup>e</sup> siècle comme un des leaders spirituels
de la contre-culture américaine et du mouvement écologique, son oeuvre reste aujourd'hui
d'une actualité et d'une modernité sans failles.
Anne Sol et Willy Cabourdin se sont glissés, au rythme des saisons et des mois, dans son
univers pour offrir une vision onirique et contemporaine de cette oeuvre intemporelle.