La fin de la pensée ? : philosophie analytique contre philosophie continentale

La fin de la pensée ?
Une idée reçue est devenue monnaie courante dans les milieux universitaires, selon laquelle il n'y aurait pas de différence notable entre les philosophies analytique et continentale : la première serait la bonne philosophie, la seconde une philosophie non rigoureuse, de comptoir. Ce jugement est l'apanage des philosophes analytiques, qui considèrent leurs confères de formation continentale, à l'instar de Jacques Derrida, comme des « astrologues », des non-philosophes.
Babette Babich approfondit ici le débat, en identifiant de façon rigoureuse les différences importantes qui divisent les deux philosophies. Ce faisant, elle revient sur le point de vue des tenants de la philosophie analytique, qui affirment que les problèmes philosophiques proviennent du manque de rigueur scientifique des chercheurs : un raisonnement logique suffirait à résoudre les questions posées par la philosophie, ces dernières apparaissant alors comme des discussions stériles.
À l'opposé de cette conception qui consacrerait « la fin de la pensée », Babette Babich présente la philosophie continentale comme une philosophie de questionnement : loin de chercher à faire disparaître les problèmes, elle se propose de les penser. Elle s'attache à étudier les questions auxquelles tout être humain est confronté au cours de sa vie, ne serait-ce que ponctuellement. Si le parcours de la philosophie ne mène nulle part, explorer les tours et détours qu'il emprunte, son cheminement, est capital pour la compréhension de notre humanité.