Continent de douleurs

Comme beaucoup d'entreprises éditoriales, la publication de
cet ouvrage doit tout au hasard... ou plutôt doit tout à un
homme qui a été un «passeur» : Saïd Farhan. Peintre, écrivain, né,
comme Fawzi Karim, à Bagdad, il a tout de suite pensé, en traduisant
Continent de douleurs , que ce livre trouverait une place
aux Editions Empreintes.
C'est que ce livre, impérieux, est un plaidoyer pour l'homme.
Il affirme magistralement un aspect de la nature de la
poésie : l'exil. Pour l'auteur, cet exil est, évidemment, d'abord
vécu dans son histoire et dans sa chair ; mais il lui donne
un accent baudelairien et, plus encore, une tonalité de légende
(cette «légende de l'exil»), accessible à tout lecteur, au-delà de la
différence de langue et de culture :
-
Nous chantons le gris qui suit les couleurs,
du continent de l'homme au continent de douleurs.
Fawzi Karim ne juge pas. Il dit, avec des images d'une grande
précision, ce qu'il advient de l'homme quand il est pris dans les
absurdités de la violence ; et malgré tout, il ne désespère pas.
Alain Rochat