Petite philosophie des ports maritimes

Petite philosophie des ports maritimes

Petite philosophie des ports maritimes
Éditeur: Pimientos
201195 pagesISBN 9782356600134
Format: BrochéLangue : Français

Je déplore qu'en français, à la différence de

la langue anglaise, le mot «navire», le mot

«bateau» soient du genre masculin.

Il y a dans le déplacement du bateau, dans la liberté et la grâce de

ses mouvements, quelque chose qui, pour moi, s'attache au féminin.

Tous les types de navire sont désignés en français par un nom masculin,

à quelques exceptions près, sur lesquelles il est intéressant de

se pencher : ces noms féminins s'appliquent à des navires de modeste

envergure (une yole, une plate...), de faible gabarit (une périssoire,

une marie-salope, une coquille de noix...) ou d'une navigabilité plus

que douteuse (une baille...).

Bien sûr, comme souvent dans la langue française, on trouve un

équivalent féminin, un presque équivalent... : une embarcation. Mais

le mot renvoie à un objet de moindre dimension, et pour tout dire,

traduit de manière subliminale une réserve quant aux qualités de

navigation du dit navire : «une frêle embarcation», «l'embarcation

prenait l'eau»...

La situation est pis encore avec un autre mot, féminin lui aussi : une

barcasse... (Laissons de côté la barge, et ses inévitables connotations

psychiques, ainsi que la patache, qui sent trop sa patachonne...)

Quant à la galère, je préfère la passer sous silence.

Donc, à tout prendre, va pour UN bateau, UN navire.

C'est à une navigation de cabotage que j'invite le lecteur. Ainsi

débute l'ouvrage de Jean Luc Le Cleac'h, voyageur impénitent,

ancien contrôleur des affaires maritimes, et surtout poète

des ports et des horizons lointains. Il a publié de nombreux

textes et récits de voyage, notamment pour Le Journal des lointains

(éditions Buchet-Chastel).

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