Le croire au coeur des sociétés et des cultures : différences et déplacements

Le «croire» est ici abordé non d'abord comme assentiment ou adhésion à des
représentations ou à des propositions, mais comme moment d'insertion et de
pratiques effectives d'un sujet au coeur du social, sur fond d'indétermination.
Et on l'aborde en sachant à la fois que le «croire» est marqué par une histoire
occidentale qui a passé par le christianisme et qu'il se trouve centralement
décalé ou mis en cause dans les mutations socioculturelles contemporaines. Le
«croire» est en ce sens un bon indicateur - parmi d'autres - de ce qui arrive
aujourd'hui à nos sociétés en Occident.
Issu d'un colloque organisé sous les auspices conjoints de l'École pratique
des hautes études et de l'université de Lausanne, ce volume se dispose selon
trois parties. L'une de décentrement, passant par l'Antiquité gréco-romaine,
le confucianisme, le judaïsme et l'islam ; la deuxième d'histoire, attentive aux
différences qui y sont inscrites et non sans lien aux données sociales ; la troisième
ouvrant, à partir de réalités contemporaines, des perspectives plus délibérément
réflexives.
Professeur d'«Histoire des théologies, des institutions et des imaginaires
chrétiens» à l'université de Lausanne, Pierre Gisel a publié des ouvrages sur le
christianisme, son histoire et ses recompositions modernes, ainsi qu'en théorie
et épistémologie de la religion, en lien avec les mutations socioculturelles
contemporaines et les défis qui en sourdent.
Chercheur et enseignant en Écoles d'art, à l'EPFL et à l'université de Lausanne,
docteur en philosophie de l'École des hautes études en sciences sociales de
Paris sous la direction de Jacques Derrida, Serge Margel a publié selon de
larges perspectives historiques, d'Aristote à Arthaud, et sur des thématiques
variées, du tombeau du dieu artisan au silence des prophètes en passant par
le temps, la nature, le destin et la liberté, le corps et l'âme, l'imposture, la
superstition ou la force des croyances.
Ont contribué à cet ouvrage collectif : Laurent Amiotte-Suchet (université de
Lausanne, faculté de théologie et de sciences des religions), Philippe Borgeaud
(université de Genève, faculté des Lettres), Jean-Daniel Causse (université
Paul-Valéry, Montpellier, département de psychanalyse), Pierre Antoine Fabre
(École des hautes études en sciences sociales de Paris), Pierre Gisel (université
de Lausanne, faculté de théologie et de sciences des religions), Sylvie Anne
Goldberg (École des hautes études en sciences sociales de Paris), Xavier
Gravend-Tirole (université de Lausanne, faculté de théologie et de sciences
des religions), Jad Hatem (université Saint-Joseph, Beyrouth, département de
philosophie), Catherine König-Pralong (université de Fribourg et université
Paris IV-Sorbonne, département de philosophie), Serge Margel (Haute École
d'art, EPFL et université de Lausanne), Pierre Lory (École pratique des hautes
études de Paris), Sarah Scholl (université de Genève, faculté de théologie),
Jean-Paul Willaime (École pratique des hautes études de Paris), Myung-Su
Yang (Ewha Womans University, Séoul, Graduate School of Theology).