La femme nodale : Thomas Mann et Daniel Cohen

Il est des sentiments qui ne peuvent se déclarer ou se vivre, et des
désirs qui n'espèrent passer à l'acte qu'en ayant recours à un médiateur
sans que, nécessairement, y préside le mimétisme.
L'individu en qui se noue le lien avec les autres, et que nous appelons
nodal pour cette raison, n'est pas toujours copié dans son désir,
mais utilisé pour entrer en contact avec autrui. De cette difficulté vient
que le médiateur attire à soi le sentiment qui se fixe indûment à sa personne.
C'est lui qu'on aime ou qu'on croit aimer.
La Femme nodale est pour une bonne part un livre sur l'homosexualité.
Il comporte aussi une dimension religieuse car nodale est la
femme dont Dieu use pour entrer en relation avec l'humanité.
Pour la vérification de cette thèse, l'auteur recourt à une étude
comparative des oeuvres romanesques de Thomas Mann et de Daniel
Cohen. Ce nouvel effort de dire la vérité romanesque doit beaucoup aux
propositions fondamentales de René Girard quand bien même il en élargit
le propos au point de les contredire ou nuancer parce qu'il les fait
dépendre d'une base plus large.