Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir

John Cleland naquit dans une famille bourgeoise et militaire. Il mena
de bonnes études et fut nommé consule à Smyrne. Puis il s'engagea
dans la Compagnie des Indes. Mais on le destitua, et il revint en
Angleterre pour mener une vie misérable, errant de taverne en
taverne, où il fréquenta les débauchés et les prostituées. Il accumula
rapidement les dettes, au point de tâter de la prison. C'est derrière les
barreaux que, sur la proposition d'un libraire, il écrivit Mémoires de
Fanny Hill. L'argent empoché lui offrit la libération, et le livre, publié
clandestinement, connut un large succès.
Il raconte l'histoire d'une jeune orpheline livrée à elle-même, que
ni les hommes ni les femmes n'épargneront, et qui pour s'en sortir
sera obligée de vendre ses charmes. Le roman apparaît donc comme
celui de l'immoralité récompensée, mais il brosse surtout avec une
grande fidélité les moeurs de l'Angleterre du XVIII<sup>e</sup> siècle. Apollinaire
en préfaça l'édition de 1914 et compara Fanny à Manon Lescaut.
Peut-être, mais la complaisance en moins.