Mahomet II impose le schisme orthodoxe : 1453, chute de Constantinople

«Le différend entre Orthodoxes et Catholiques n'est pas dogmatique. Nous sommes capables
de nous unir avec Rome parce que nous sommes fidèles avec entêtement à nos racines.»
Ainsi parlait, en juin 1983, le patriarche grec-orthodoxe d'Antioche, Ignace IV Hazim, dans
la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Ainsi parlaient aussi les Orthodoxes qui, en 1439, avaient mis fin au schisme après
d'interminables palabres avec les Catholiques au concile de Florence.
À ce concile, le savant Scholarios les avait appelés à embrasser l'Union des Églises. Mais
quelque temps après son retour à Constantinople, il se retourna et prétendit que les raisons du
schisme étaient si graves que le Christ ne voulait pas de l'unité des chrétiens, c'est-à-dire de la
seule chose qui pouvait sauver Constantinople de l'invasion turque.
Après la chute de Constantinople, Scholarios révéla ses vraies motivations en acceptant la
place de patriarche que lui offrait le sultan, ses cadeaux de prix et l'exemption des taxes imposées
aux chrétiens. Et il aida les Ottomans à imposer aux Orthodoxes le mythe d'un schisme légal.
Du point de vue orthodoxe, un musulman ne peut pas convoquer un concile, ni élire un
patriarche, surtout quand il en existe déjà un. Et la décision de cet «antipatriarche» ne vaut
certainement pas face à celle d'un concile groupant les chefs des deux Églises. Le concile de
Florence est donc toujours valide du point de vue orthodoxe.
L'Histoire se répète, dit-on. C'est flagrant en ce qui concerne la tragique histoire de la chute
de Constantinople...