Contre la démission des poètes : manifeste

Nous, poètes du XXI<sup>ème</sup> siècle, nous sommes
dans la même situation que ceux de la Renaissance.
Eux, entourés des ruines de l'Antiquité, voulaient
se mesurer à elle, la prolonger et l'augmenter en
lui donnant un souffle nouveau. Nous, confrontés
à la grandeur des siècles passés et à la pauvreté des
écrits présents, nous avons aussi notre orgueil, qui
est de bâtir des cathédrales à la hauteur de celles
d'autrefois ou si possible plus grandes encore. Tel
serait le véritable progrès dans les arts, et non de
casser les outils ou de saboter notre langue. Aussi,
la vraie modernité consiste-t-elle aujourd'hui à
rassembler ceux qui croient à ce projet, le plus vaste
des temps nouveaux.
Pour bâtir, il faut d'abord une volonté et tout
le reste n'est qu'accessoire.