Avenue de Carthage

Été 1888. Reine Folcher, fille de petits commerçants, quitte Sète
pour Tunis où elle est nommée dans l'administration des Postes.
La belle jeune femme, qui rêvait de liberté et d'espace, découvre
avec bonheur la Tunisie coloniale. Un parfum de jasmin flotte
sur les maisons blanches, les souks, le palais du Bey, les cafés
maures. Sur la plage de la Goulette, les soirées sont exquises.
Quand la fraîcheur tombe sur les terrasses, des hommes
cherchent la compagnie de Reine. Soudain, tout bascule. Elle est
enceinte. Son amant, un riche notaire plus âgé qu'elle, craignant
le scandale, fuit. L'enfant de cette union illégitime, Clément, est
un petit garçon sensible, mais Reine reste une mère à distance,
toujours à la recherche du grand amour. En août 1914, Clément
a 21 ans. Portant crânement la tenue des Zouaves, la culotte
bouffante et la chéchia en arrière de la tête, il part à la guerre. À
l'automne, comme de nombreuses mères, Reine apprend que son
fils est mort sur les bords de la Marne. Deux ans plus tard, des
lettres mystérieuses et confuses arrivent à Tunis et redoublent
sa douleur. Clément ne serait pas mort sur le champ de bataille.
Pour lui, cela aurait été «affreux» ! Décidée à connaître la vérité,
Reine renoue avec son ancien amant. Ensemble, ils se lancent
dans une longue enquête, se confrontant sans cesse au silence
de l'armée et à la peur des populations, tandis que la France vit
depuis trois ans une guerre impitoyable.
Inspiré d'un fait divers de l'époque, Avenue de Carthage est un
très beau roman d'enquête, entre champs d'orangers et glaise
des tranchées.