Hommage à Lazare Ponticelli, le dernier Poilu

Il était le dernier Poilu, l'ultime rescapé de la
première boucherie du XX<sup>e</sup> siècle. Il venait de fêter
ses cent dix ans à l'Hôtel national des Invalides.
Lazare Ponticelli, né en 1897 à Bettola, en Emilie-Romagne,
s'est éteint le 12 mars 2008, entouré
des siens, paisiblement. Avec lui, c'est une page
de notre histoire qui se tourne.
C'est à l'âge de dix ans que, seul, Lazare Ponticelli rejoint la France, le «paradis»
dont il a tant entendu parler, pour fuir la misère de sa province d'origine.
Son jeune âge le contraint à se contenter de petits boulots jusqu'à la déclaration
de guerre. Il a alors seize ans. Trichant sur son âge, celui qui souhaite se
battre pour cette France dont il a fait sa patrie de coeur s'engage dans la Légion
étrangère. Il est affecté au 4<sup>e</sup> régiment de marche du 1<sup>er</sup> étranger, constitué le
5 novembre 1914, composé exclusivement de volontaires italiens (les garibaldiens)
et placé sous le commandement du lieutenant-colonel Giuseppe
Garibaldi. Avec son bataillon, Lazare Ponticelli s'illustrera notamment dans
les combats meurtriers en Argonne.
La «légion garibaldienne» est dissoute le 5 mars 1915. Lazare est contraint de
regagner l'Italie, pour se battre avec les Alpini contre les Autrichiens dans le
Tyrol, suite à l'entrée en guerre de l'Italie aux côtés de l'Entente. Ce n'est qu'en
1920 qu'il est démobilisé et peut enfin regagner Paris.
Avec ses deux frères, Céleste et Bonfils, l'ancien petit ramoneur fonde, en
1921, l'entreprise Ponticelli Frères, qui se spécialise dans le montage et l'entretien
des cheminées d'usines. Seule la période de l'Occupation ralentira le
développement de la société. Ponticelli Frères, qui a diversifié ses activités,
emploie aujourd'hui plus de trois mille personnes sur ses chantiers, en France
et à l'étranger, et jouit d'une dimension internationale.