Entre spiritualité et laïcité, la tentation iconoclaste du cinéma

Entre spiritualité et laïcité, la tentation iconoclaste du cinéma
L'iconoclasme cinématographique, sous ses formes les plus
récentes, n'est pas forcément en rapport avec le sacré, le religieux
ou la théologie. Certains de ses aspects relèvent d'une pensée
philosophique comme celle de Kant ou Hegel, ainsi qu'une certaine
frange de l'art, volontairement désacralisée. Certaines questions
d'ordre théologique à l'origine, comme l'incarnation et la figure, ont
fini par investir la sphère de l'art. La question du refus de l'image a
évolué au cinéma. Ainsi, le XX<sup>e</sup> siècle a permis l'émergence de formes
d'iconoclasme qui échappaient au domaine du religieux et même
parfois du sacré. Certains réalisateurs ont affirmé clairement leur
rupture avec ces domaines, et osé un iconoclasme radical et laïcisé,
comme Guy Debord ou Isidore Isou. Jean-Luc Godard, pour sa part, a
préféré sacraliser l'art. L'iconoclasme est devenu politique, esthétique
ou éthique (et parfois les trois à la fois). L'irruption du numérique a
engendré de nouvelles formes d'iconoclasme cinématographique et
ouvert des voies à la réflexion.
Ce livre vient prolonger la réflexion du précédent ouvrage de
l'auteur : Le cinéma est-il iconoclaste ? , publié chez Corlet-Cerf dans
la collection 7<sup>e</sup> Art.