La table de Montaigne

À force de fréquenter Montaigne par la lecture, on se dit
qu'on aimerait bien se mettre à table avec lui.
Pourtant, l'auteur des Essais ne passe pas pour une fine
gueule. On l'a souvent présenté comme un mangeur peu
délicat et indifférent à la gastronomie. Lui-même confesse être
incapable de se mettre en cuisine : «Qu'on me mette tout
l'apprêt d'une cuisine, me voilà à la faim.»
Cependant, Les Essais et le Journal de voyage sont truffés
d'informations, de considérations sur ses goûts et ses aventures
de table. Car non seulement notre homme a un bel appétit,
mais il considère la table comme une expérience essentielle de
«l'humaine condition» et un lieu privilégié pour connaître les
«façons» des pays que l'on visite. Que Montaigne nous parle
de la santé, de la volupté, de l'imagination, de la coutume
ou de l'expérience, il assaisonne volontiers sa réflexion de
considérations sur l'alimentation, le goût et l'appétit.
Christian Coulon nous offre un Montaigne gourmand de
la vie et prêt à toutes sortes d'«essais» culinaires pour «jouir
loyalement de son être».