Endgame ou Le théâtre mis en pièces

À la lumière des dernières théories critiques, les auteurs proposent une étude
accessible et approfondie de Endgame (Fin de partie) , avec le souci constant de
confronter le texte anglais et la version originale. Le parcours suivi analyse
l'entreprise beckettienne de mise en pièces du théâtre traditionnel et de réinvention
du genre théâtral.
Lorsque vivre n'est plus qu'attendre de mourir, l'humanisme s'étiole et tous les
grands récits porteurs d'une promesse de Progrès (Lumières, christianisme,
marxisme) s'effondrent : le pire est toujours certain. La mort en direct du
personnage comme de la dramaturgie qui lui donnait corps jusque-là se donne
alors comme le seul spectacle possible. Le théâtre devient le lieu du souvenir
désespéré d'un temps où il était porté par des structures inébranlables (fable,
personnage, espace-temps) dont il ne reste plus que les ombres spectrales.
Pourtant, si Fin de partie est l'histoire d'un mourir en devenir, la pièce n'en suscite
pas moins le rire, bien au contraire. C'est dans cet entre-deux que Beckett forge
un nouveau langage pour la scène, apte à dire notre ère post-cataclysmique : un
langage drôle et torturé mis au service d'une poétique de la cruauté.