Violées, torturées : au nom de quoi ?

Un beau jour, sans savoir pourquoi, l'Algérie sombra
dans une guerre sans nom, sous le joug implacable du
terrorisme.
Aujourd'hui, nous devons espérer un meilleur avenir. Est-ce
pour autant qu'il faut oublier ces centaines de milliers de
personnes, mortes, pour des raisons obscures. Méprisées par
leurs assassins, le seront-elles aussi par nous, vivants ? Ne
leur devons-nous pas un devoir de mémoire ?
Devoir de mémoire pour ces petites filles et ces petits
garçons, violés, atrocement mutilés, égorgés sous les yeux de
leurs parents impuissants. Des enfants, dont les cris et les
pleurs faisaient rire leurs bourreaux et stimulaient leurs plus
bas instincts. Des enfants qui criaient et pleuraient de douleur
car on leur faisait mal. Du mal, on a fait à de toutes jeunes
filles qui élèvent aujourd'hui «les enfants de la honte», car
issus de viols ; du mal on en a fait à ces jeunes filles devenues
mères infanticides, à ces grands-mères violées devant leurs
enfants et petits enfants et, suprême mépris, obliger un fils
à violer sa mère devant son père !
La violence de ces images à travers ces mots n'est rien,
comparée à celle subie par les victimes de cette guerre sans
nom.
C'est ce que l'Algérie a vécu pendant les années 90.
Au nom de quoi ?