Les milieux libres : vivre en anarchiste à la Belle Epoque

A la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, les anarchistes se lançèrent à
l'assaut du Vieux Monde. Poignard, revolver, bombe..., tout
était bon pour zigouiller les rois, les patrons, les militaires,
les juges, les flics, les curés... L'objectif était de «terroriser»
les puissants et d'insuffler l'esprit de révolte aux petites gens.
Ce fut un fiasco total !
Comprenant que la révolution sociale c'était aussi une longue
marche d'organisation et d'exemplarité, les anarchistes
se retroussèrent alors les manches.
La plupart mirent sur pied des Bourses du Travail et
construisirent un syndicalisme révolutionnaire (via la CGT)
prônant le sabottage (à mauvaise paye, mauvais travail) et la
grève générale insurrectionnelle et gestionnaire (les ouvriers
s'emparent des usines et les font tourner au profit du peuple).
D'autres, parfois les mêmes, afin de démontrer ce qu'il
pouvait en être de la société future, enfilèrent le bleu
de chauffe d'expériences en tous genres, en espérant
en sortir drapés des habits de lumière de l'exemplarité.
Et c'est ainsi, qu'au début du XX<sup>e</sup> siècle, en France,
à la Belle Epoque, les anarchistes créèrent des centaines
de Milieux libres.
Ici, il s'agissait de communautés de vie. Là, de coopératives
ouvrières de production et de consommation. Ailleurs,
d'expériences naturistes, végétariennes, d'amour libre...
Ailleurs, encore, d'écoles libertaires, d'éducation intégrale
(physique, manuelle, intellectuelle), de contraception...
Ce livre nous brosse un panorama de cette volonté de
changer les choses et la vie, tout de suite, ici et maintenant.
Tous ceux et toutes celles qui ne confondent pas la nouvelle
jeunesse de la révolte avec l'éternelle révolte de la jeunesse
devraient en faire leur miel.