Les assemblées du clergé de France et la société ecclésiastique sous le règne de Louis XVI, 1775-1788

A l'avènement de Louis XVI, l'Église de France est secrètement dans la
tourmente. Ses structures sont désavouées par un bas clergé évincé par une
noblesse mitrée omnipotente, incapable, par ailleurs, de remédier à la
situation précaire de nombreux prêtres. La crise des Ordres religieux, la
contestation de l'autorité épiscopale, les progrès de l'irréligion, la montée
d'un courant de tolérence favorable au protestantisme aggravent les
tensions patrimoniales, fiscales qui enveniment les rapports entre l'Eglise,
la Monarchie et ses agents. Problèmes structurels, problèmes spirituels,
problèmes financiers, toutes ces menaces vont se cristalliser dans les années
1787-1788. Les projets de Calonne envisagent la disparition des instances
propres à l'Église gallicane. L'édit de novembre 1787 fait dérouter
l'abandon du catholicisme comme religion d'État. Les amorces de réforme
fiscale s'en prennent directement aux biens du Clergé, à l'autonomie et au
secret de son administration particulière. Exaspérés, les membres de
l'assemblée extraordinaire de 1788, basculant dans l'opposition, vont
rejoindre la fronde des privilégiés et enclencher ainsi les préliminaires
- aristocratiques - de la Révolution.