Cours nouveau, n° 3-4. L'Iran d'hier à aujourd'hui : mythes et réalités : regard(s) critique(s) sur l'Iran post-révolutionnaire depuis Dakar (Sénégal)

Au-delà de l'Idéologie de la Révolution au pays de Khomeiny, que savons-nous exactement, et que
devons-nous tenir pour vrai concernant la République Islamique d'Iran, au moment où celle-ci entreprend
manifestement une percée en Afrique, et particulièrement au Sénégal, et sans doute ailleurs ? Que faut-il
attendre ou ne pas attendre de ce pays islamique qui fait figure d'enfant terrible de la diplomatie mondiale, de
héraut de l'Islam universel ? L'islamisme en Iran, sous quel point, dans quelle mesure et jusqu'où converge-t-il
avec les réalités religieuses du pays de Senghor, de l'Afrique de l'Ouest et au-delà ? L'Iran est-elle porteuse
d'une nouvelle rationalité diplomatique envers les pays d'Afrique et de leurs objectifs de développement ?
La propagande et les mythes concernant l'Iran sont intenses, mais qu'en est-il de la réalité de ce pays dont la
présence ne peut plus être ignorée sous les tropiques, au même titre que la Chine, les USA, le Brésil ou la France ?
C'est afin de répondre à toutes ces questions que le présent numéro spécial de la Revue Cours nouveau est
consacré, dans la logique même des objectifs et des missions des études universitaires et académiques du
Sénégal et de l'Afrique, en l'occurrence, :
-1° Disposer d'une meilleure connaissance de l'Iran d'hier à aujourd'hui, un pays qui fait figure d'enfant terrible de
la diplomatie mondiale que ce soit en Iraq, au Liban, en Palestine ou à l'ONU, sur la question du nucléaire, sur la réforme
de l'ONU ou sur la question de l'Etat d'Israël, etc. Mais il s'agit aussi d'une puissance économique de dimension
internationale, qui est en train de prendre place parmi les principaux partenaires stratégiques du développement du
Sénégal et de l'Afrique ;
-2° Collecter une information objective et rationnelle sur l'Iran post-révolutionnaire, au-delà des clichés, des
stéréotypes, ou des affinités religieuses qui lient le Sénégal au pays de l'Imam Khomeiny ;
-3° Etre en mesure de comprendre les enjeux géostratégiques et politiques liés au déploiement planétaire de la
République Islamique d'Iran, qui fait l'actualité dans un sens ou dans l'autre, tant au sein de la Ummah et de l'OCI que
dans le monde arabe, à l'ONU ou au sein de l'OPEP ;
-4° Favoriser l'émergence d'une expertise de niveau universitaire et académique au Sénégal en particulier, sur
le Golfe persique et l'Asie, dans le cadre d'une globalisation-mondialisation qui a marginalisé l'Afrique, et ce, dans
l'optique d'un retour du continent dans la Gouvernance mondiale dont nous sommes quasi exclus à l'heure actuelle.
A nos yeux, en effet, l'opportunité d'une discussion scientifique au Sénégal et en Afrique sur l'Asie
en général, et sur l'Iran en particulier, est d'une extrême urgence pour faire la part des choses, entre les
propagandes et les tentatives de manipulation de tous ordres et de toutes origines et les réalités vraies et
intangibles. Au-delà des affinités de religion et de confession, c'est la Vérité qu'il convient d'honorer, selon
la devise senghorienne au fronton de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar : «Lux mea lex» (Ma loi,
c'est d'être Lumière).