L'écrivain éponyme : clubs, sociétés et associations prenant nom d'écrivain en Occident depuis la Révolution française

L'écrivain
Éponyme
Clubs, sociétés et associations prenant nom d'écrivain en occident depuis la révolution française
Associations des amis de Charles-Louis Philippe, de René Boylesve, de Gaston Coûté... autant de cénacles à l'intitulé désuet, constitués pour quelques dizaines de fervents en l'honneur des figures oubliées de la vie littéraire d'autrefois, qui font douter de la pertinence d'une étude d'ensemble les prenant pour objet. Pourtant, la fondation de groupements prenant nom d'écrivain plonge loin ses racines dans l'histoire contemporaine de l'Occident. Peu après la Révolution française qui engendre une Société des amis de Jean-Jacques Rousseau, naissent en Écosse les premiers clubs Burns qui essaimeront en Angleterre et dans l'Empire britannique. À Londres, d'importantes sociétés érudites fleurissent au XIX<sup>e</sup> siècle autour de l'oeuvre de Shakespeare. Dans les États allemands, des associations Schiller offrent un porte-voix au libéralisme politique et une puissante Société Goethe rassemble après l'unité plusieurs milliers de membres qui font corps derrière l'élite de la nation. Des sociétés Dante voient le jour dans l'Italie unifiée, mais aussi à Weimar et jusque dans le Massachusetts...
L'étude de ces associations et sociétés, constitutives de la construction culturelle des nations modernes, porte ainsi, à travers la disposition éponyme de l'écrivain qu'elles manifestent, un éclairage nouveau sur l'évolution du statut de l'écrivain comme figure sociale emblématique. Une histoire inédite, envisagée sur deux siècles, à travers l'Europe et les États-Unis.
Le labex TransferS s'attache à étudier les déplacements sémantiques liés à la circulation des langues, des textes, et des modèles culturels.