La lumière de nos nuits : éclats de vie de gens de peu, les miens

La lumière de nos nuits
Éclats de vie de gens de peu, les miens
Au commencement, l'enterrement d'une tante célibataire et une caisse en plastique vert. Dedans, des documents de rien : factures, cartes postales, images de communion, photos de famille, quelques lettres. Notre seul bien, et le début d'une longue enquête pour tenter de recomposer un tableau familial aussi riche en personnages que pauvre en tout le reste. Le puzzle se reconstitue pas à pas, de sauts de puce en coq-à-l'âne. L'aventure est d'écriture tout autant que d'histoire familiale. À l'intime de l'Histoire incarnée, au détour des chemins de ceux de Montigné, on croise des soldats, des savates et des machines à laver, la tuberculose et l'amitié, des enfants qui meurent et des mères qui pleurent, un mythique grand-père et des cousins qui interviennent dans le récit, beaucoup de rires et beaucoup de curés. Alors se dessine la silhouette de notre Poirier, au tronc puissamment ancré dans une terre maugeoise qui vous colle aux sabots. Comment dire le souffle de la vie des miens et la joie des instants, réhabiliter un peu de la mémoire bafouée de ces moins-que-rien, et sauver de l'oubli ce qui peut l'être ? Le Temps est assassin mais les instants ont un éclat qui s'illumine de se laisser conter. Comme Poucet, nous sommes tous des enfants abandonnés. Au-delà des peurs, il faut continuer à avancer dans la nuit, affronter les ogres pour se libérer comme on peut des antiques douleurs et advenir à soi, réconcilié. L'enquête est aussi une quête, vers un jour nouveau ?