La France, les femmes et le pouvoir. Vol. 3. Et la modernité fut masculine : 1789-1804

Poursuivant sa grande enquête au coeur de l'exception politique française,
Eliane Viennot aborde ici, après L'invention de la loi salique (V<sup>e</sup>-XVI<sup>e</sup> siècle) et
Les résistances de la société (XVII<sup>e</sup>-XVIII<sup>e</sup> siècle) , la période cruciale qui va de la Révolution
à l'Empire. Par l'étude de nombreux documents d'époque, elle montre que
les femmes de ce temps, habitées par des modèles d'héroïnes que l'Ancien Régime
n'avait cessé de célébrer, se sont investies dans la «régénération de la patrie» avec
un enthousiasme identique à celui des hommes, revendiquant haut et fort l'exercice
des mêmes droits. Mais que les hommes au pouvoir, nourris de l'idéal rousseauiste
de la «séparation des sphères» autant que d'Histoires de France vidées de toute
référence aux femmes, n'ont eu de cesse de renforcer le «privilège masculin»
- et cela quels que soient leurs désaccords.
Mettant fin à des pouvoirs féminins séculaires, réservant à leur profit la
citoyenneté et les améliorations du système scolaire, confortant leurs positions
en légiférant sur le divorce et l'héritage, travaillant à un Code civil garant des
puissances paternelle et maritale, s'activant à faire taire les contestataires, ces
mêmes hommes ont jeté les bases d'un ordre masculin qui, sous couvert d'égalité,
de liberté et de modernité, perdurera jusqu'à la fin du XX<sup>e</sup> siècle en essaimant dans
une bonne partie du monde.