Les Halles : des écrivains, des poètes et des chansonniers

Les Halles, disparues à la fin des années
1960, se tenaient dans ce quartier depuis le
règne de Philippe Auguste.
La ville, devenue «un monstre» au XIX<sup>e</sup> siècle,
se dota alors de moyens modernes. Ainsi est
né ce que Zola appela le «ventre de Paris».
Pendant un siècle, les Halles vont être «la
grande gueule» (Bloy), «les formidables
mamelles de la cité» (Aragon), «le perpétuel
14 juillet des mangeailles» (Seignolle)...
Elles seront le rendez-vous des commerçants,
des «forts des halles», des ménagères, des
écrivains, des aventuriers et des grisettes. Elles
attireront tous les paumés, tous les miséreux...
Et lorsque les Halles seront transférées à
Rungis, ce sera beaucoup plus qu'un simple
marché qui disparaîtra. «C'est un lieu unique
de fraternité qui s'en va», comme l'a déploré
Louis Chevalier : «Des gens de tous les métiers
et de toutes les classes, des gens de toutes
sortes, du beau monde, du monde qui l'était
moins, du monde qui ne l'était pas du tout.
[...] Tous ces gens vivaient ensemble, en ces
heures de nuit où l'on vivait doublement, par
tout ce qu'on arrachait au jour, par tout
ce qu'on volait à la nuit, par tout ce qu'on
gaspillait de force, de beauté, de santé, par tout
ce qu'on brûlait de vie.»