Nous étions des paysans

En 1931, pour la première fois dans l'histoire de France, la population
urbaine dépasse la population rurale. Coïncidence ou génie éditorial,
c'est aussi la même année que l'éditeur Jacques Lagrange lance
un grand projet d'enquête sur la France au travail, qu'il confie au
jeune photographe François Kollar. Si celui-ci privilégie largement
le monde de l'industrie et de l'usine, au coeur d'une révolution sociale
et esthétique, il n'en délaisse pas pour autant d'autres grands secteurs d'activité, et notamment
l'agriculture et le travail de la terre.
Sillonnant le pays pendant plusieurs années, il réalise de nombreux reportages qui décrivent, dans sa
grande diversité, la France paysanne des années trente. Ces photos, dont seule une petite partie a été
sélectionnée et publiée dans La France travaille , sont complétées par d'autres clichés, inédits pour
la plupart, réalisés dans les années trente. Cet ensemble témoigne aujourd'hui encore d'un moment
clé de l'histoire de l'agriculture, au seuil d'une profonde transformation, d'une seconde révolution agricole
qui va définitivement emporter l'ancienne société agraire après la Seconde Guerre mondiale.
Ni nostalgique, ni moralisateur, François Kollar, «photographe humaniste», a su livrer, sans folklorisme
ni nostalgie, un instantané respectueux des hommes de son temps.