Quoi de neuf ? : entretiens avec Christian Ciocca. Journal de guerre : Irak 2003

« Paisiblement bourgeoise avant 1939, patriotarde
jusqu'en 1945, anticommuniste sous la guerre froide,
un brin soixante-huitarde et chahuteuse aux heures
yéyé de la société de consommation, la presse écrite se
vêtit chez les bons faiseurs du tout-économique.
Marchandise parmi les marchandises, elle passait
sous le joug de la commercialisation à outrance. »
Entré dans le journalisme par un heureux hasard
au début des années 1950, François Gross n'a plus
quitté, depuis, cette profession dévorante. Tout
d'abord secrétaire de rédaction de La Gazette de
Lausanne aux côtés de Pierre Béguin, correspondant
à Paris durant quatre ans, puis responsable
du Téléjournal romand à Zurich, François Gross a
marqué le quotidien fribourgeois La Liberté , de
1970 à 1990, d'un esprit d'indépendance et d'un
franc-parler comme peu de rédacteurs en chefs en
Suisse romande. Chroniqueur dans Le Temps et
médiateur de 24 Heures , il observe, jour après
jour, un monde que les médias reflètent le souffle
court, happés par les lois du marché, l'obsession
de l'audience et le dopage des ventes. En confiant
son demi-siècle de passion journalistique, ce
témoin des changements des dernières décennies
aimerait que la presse se souvienne de ces combats
d'hier, de sa nature démocratique et discerne
les enjeux qu'elles devra relever demain. Afin que
le rendez-vous singulier qui unit un journal à ses
lecteurs, une émission à ses auditeurs ou téléspectateurs,
renouvelle un contrat d'éveil contre le
divertissement généralisé.