Les droits fondamentaux des personnes morales dans la Convention européenne des droits de l'homme. Vol. 2. Réalisme et activisme du juge européen

Le thème des droits fondamentaux est à la mode ; le monde médiatique s'en
fait régulièrement la caisse de résonance. Mais de quels droits parle-t-on ?
Qui peut les revendiquer ? Comment en tirer profit ? Approfondir la réflexion
à ce propos aboutit à des résultats jusque-là insoupçonnés.
Ainsi, l'attribution des droits fondamentaux, originellement liés aux
droits de l'homme, à des entités non humaines, avait suscité controverses et
réticences. Ces entités - les personnes morales - sont reconnues comme étant
des actrices majeures des scènes économique, politique, civile, juridique, et
sociale dans les États. Les exclure du bénéfice de prérogatives extrêmement
importantes que représentent les droits fondamentaux serait absurde. La
compatibilité et l'utilité d'un droit fondamental à l'existence et à l'activité
d'une personne morale constituent les fondements du rapprochement de ces
deux notions.
Dans une approche pragmatique dont s'imprègne l'ouvrage, se distinguent
les droits fondamentaux élémentaires des droits complémentaires
des personnes morales. Les premiers, développés dans le volume précédent,
garantissent l'existence, la raison d'être de ces groupements : la liberté
d'association en véritable forteresse des mouvements, le droit au respect des
biens au profit des entreprises, le droit à la liberté de religion en sanctuaire
pour les groupes confessionnels, pourvoyant à ceux-ci la vie éternelle de
leurs croyances et leurs pratiques... Quant aux autres droits, procéduraux
principalement, ils assurent un complément de protection fort précieux.
Dans cet ouvrage, la Cour européenne séduit de par sa volonté farouche
de garantir aux personnes morales des droits effectifs et concrets nécessaires
aux fondations d'une société démocratique ; l'oeuvre d'expansion des droits
fondamentaux continuant ainsi d'être belle et noble.