Le concept Levallois : variabilité des méthodes

Un peu comme une «contre-méthode» libérée des rets de la typologie, cette recherche sur
le Levallois s'impose comme une nouveauté sur un plan théorique. Ce travail résolument moderne,
d'exception française, nous invite à revoir les habitudes de lecture du matériel archéologique. Tout en
redécouvrant le Levallois par la voie conceptuelle autant qu'expérimentale, l'auteur a façonné une
pensée de l'abstraction et de la théorie, qui a ouvert une nouvelle voie analytique dans l'étude des
assemblages de pierre du Paléolithique moyen, plus vivante, incarnée, structurée, signifiée entre
percept et concept : une autre vision du monde technique au Paléolithique.
Si, aujourd'hui, le débitage Levallois a plus d'un siècle depuis sa découverte par Victor
Commont dans les carrières de Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine, son explication n'a, à peine,
qu'une trentaine d'années. Il semble que le Levallois n'ait jamais été le même depuis sa découverte,
d'une définition à l'autre, sa compréhension semble glisser entre les mains du préhistorien comme
fuyant toute théorisation jusque dans les années 1980. Et ce, même si l'on doit reconnaître les travaux
pionniers de F. Bordes, de M. Dauvois et de A. Leroi-Gourhan, précurseurs qui ébauchèrent les notions
fondamentales de prédétermination, de concept et de variante dans le débitage, de chaîne opératoire,
de tendance et de fait ou de nuance. Qu'ont-ils tenté sinon d'essayer de comprendre ce qu'ils n'étaient
pas parvenus à expliquer ?
Qu'entend-on par comprendre le Levallois ?