Zemmour ! reviens, ils sont trop... : abécédaire de la bien-pensance

Après la publication des Cent jours de Nicolas Fouquet's , en juillet 2011,
un essai sur la prise de pouvoir de Nicolas Sarkozy, vrai succès de librairie,
Simon Archipenko s'octroie une pause littéraire et nous propose un
abécédaire pour le moins loufoque, pour reprendre l'expression d'un
romancier français. Nous connaissions l'auteur dans le fauteuil de
Voltaire, plume de poids incisive dans ses essais ; le voici dans celui de
Paul Léautaud. Mais un Léautaud républicain, ce que n'était pas l'auteur
d' In memoriam. Alfred Vallette, directeur du Mercure, a dit de Léautaud
qu'il était un aristocrate de la littérature. Simon Archipenko a la noblesse
de la pratique tous azimuts d'une lucidité souvent caustique, par une
fidélité sans faille à sa manière d'être et de penser. Républicain aristocrate,
bel oxymoron pour nous entraîner dans des pages à l'écriture incisive.
Un autre auteur n'est jamais loin lorsque Rabelais intervient en fol de la
messe. On retrouve alors la littérature française, parfois gauloise, jamais
vulgaire, en tous les cas très éloignée du bien-penser formaté actuel. On
s'instruit donc en se poilant , on rit beaucoup, on réfléchit énormément
sur cette société qui s'étiole en componction. La politique n'est pas loin
mais le lecteur doit surtout se préparer à des crises de fou rire.
Personne n'est épargné dans les coups de
scalpel de Simon Archipenko décidément
en forme. Des Tartufes intégristes religieux
aux soit-disant philosophes en cour ; trop
en cour ! Du langage châtié des bobos au
globish anglo-saxon des élites politiques,
médiatiques et économiques qui n'en
peuvent plus de leur suffisance. Eric
Zemmour pour lequel l'auteur manifeste
pourtant une grande connivence ne l'est
pas ; l'auteur également. C'est dire !