Violences sexuelles faites à enfants : une nouvelle clinique

Au décours de violences sexuelles faites à enfants ou
adolescents, les deux réactions habituelles mises en oeuvre
sont insatisfaisantes :
1° - Se fixer sur l'événement et «en parler». L'évocation
insistante de l'horreur tourne vite à son invocation, la
parole sur l'acte équivalant presque à l'acte lui-même, réitérant
le traumatisme et perpétuant l'obsession mortifière.
2° - Essayer, illusoirement, d'occulter l'événement, de
proscrire tout ce qui pourrait le rappeler, à la limite faire
comme s'il n'avait jamais eu lieu.
Comment réagir sans tomber dans la compassion émotionnelle,
le psychologisme, ou une réaction limitée à la
condamnation des responsables ?
L'auteur préconise un abord indirect permettant à la victime
de passer du statut d'objet de sévices à celui de sujet
d'une oeuvre d'imagination. Les violences sont déplacées
dans la production d'une création personnelle faisant processus
de transformation de la réalité vécue. L'enfant participe
ainsi à sa propre reconstruction sans pour autant
oeuvrer dans le rappel de ce qu'il a subi.
Des exemples sont présentés et commentés de thérapies
avec médiations artistiques d'enfants et d'adolescentes victimes
de viols et attouchements : un enfant invente des
scènes violentes entre marionnettes, une fillette allègue des
attouchements non prouvés, une adolescente veut protéger
une petite fille des violences sexuelles qu'elle a subies
enfant, des psychiatres tentent une prévention de passage
à l'acte dans un climat incestuel, ... Ces productions (dessins,
dialogues, fictions, etc.) sont analysées, ainsi que les
interventions du thérapeute, ce qui permet de mettre en
évidence les principes de l'accompagnement de créations,
de la pose d'indication aux suivis détaillés.
Deux exemples d'adultes montrent enfin comment elles
ont pu mettre en place des procédures officielles pour
renaître.