Economie politique (L'), n° 35. L'OMC a-t-elle un avenir ? : les réponses d'experts français, américains, indiens, brésiliens et d'Oxfam

Economie politique (L'), n° 35. L'OMC a-t-elle un avenir ? : les réponses d'experts français, américains, indiens, brésiliens et d'Oxfam

Economie politique (L'), n° 35. L'OMC a-t-elle un avenir ? : les réponses d'experts français, américains, indiens, brésiliens et d'Oxfam
2007112 pagesISBN 9782352400189
Format: BrochéLangue : Français

Faute d'accord, Pascal Lamy, le directeur général de l'Organisation

mondiale du commerce (OMC), avait suspendu en

juillet 2006 les négociations commerciales internationales

du cycle de Doha. Un an après, en dépit de la reprise d'une

grande offensive diplomatique étendue sur plusieurs mois,

le voilà revenu au même point : toujours pas d'accord. L'OMC

va-t-elle survivre à ces échecs répétés ? A priori , oui.

De tous les experts rassemblés dans ce numéro, en provenance

des acteurs politiques qui comptent le plus dans la

définition de la gouvernance commerciale mondiale - le Brésil,

les Etats-Unis, l'Inde et l'Union européenne -, sans oublier

l'ONG Oxfam, aucun ne souhaite voir disparaître l'OMC. Mais

tous se retrouvent pour fixer comme condition d'efficacité des

transformations politiques tellement exigeantes que l'on peut

légitimement se demander si l'OMC ne va pas simplement

faire de la figuration sur la scène mondiale.

L'OMC ne pourra en effet peser pleinement sur la régulation

du commerce mondial que si, d'après tous ces experts, elle

arrive à relever trois défis politiques.

D'abord, une prise en compte explicite, en coordination

avec d'autres institutions, des effets non commerciaux du

commerce, par exemple les pertes d'emplois au Nord et

les pertes de recettes fiscales au Sud. Ensuite, une reconnaissance

effective du pouvoir des pays émergents. Enfin,

riches et émergents doivent s'engager à véritablement

accepter des règles commerciales favorables au développement

des pays les plus pauvres.

Ces défis politiques sont de taille. Si les pays les plus importants

montrent qu'ils sont prêts à s'y atteler, alors l'OMC

pourra sûrement jouer un rôle et ne pas se contenter d'exister

parce que, selon le vieil adage, «les institutions internationales

ne meurent jamais». Christian Chavagneux

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