Le dernier porteur d'eau

Quand à dix-neuf ans, en 1854, Alphonse
Mourgue quitte son Auvergne natale et sa famille de
petits paysans pauvres pour devenir porteur d'eau à
la bretelle, Paris de guingois, chaotique, crève de soif,
ruisselle et pue. Il ne sait pas, en entreprenant ce
long voyage en compagnie d'un colporteur
anarchiste, qu'il va tomber éperdument amoureux
d'Amandine, une jeune putain du quartier
Notre-Dame, et plonger définitivement dans un
monde en plein bouleversement : tandis qu'il
parcourt, jour après jour, les rues de la capitale pour
distribuer son précieux liquide, banquiers et
hommes d'affaires, avec la bénédiction de
l'empereur et du préfet Haussmann, tracent une
ville nouvelle et créent une compagnie dont
l'ambition est d'amener l'eau courante dans chaque
immeuble. Dans ce roman à l'intrigue passionnante
où vont s'affronter les communautés auvergnate et
piémontaise pour tenter de dominer un métier rude
et de maigre rapport, Jean-Claude Ponçon nous
raconte le déferlement du progrès dans le Paris du
Second Empire, les métiers d'autrefois et la lutte
désespérée d'un jeune «Cantalou» pour survivre et
connaître le bonheur dans une société qui laisse peu
de place à ceux qui n'ont rien.