Les diamants noirs

Les jeunes époux convolèrent donc le 25 janvier 1825,
par une grise journée d'hiver, en osmose avec le coeur glacé
de Maria. Les nuages noirs qui annonçaient la neige
n'étaient que le reflet des yeux perdus de la jeune épouse
et le silence de la campagne en sommeil, celui de ses lèvres
blêmes scellées sur sa muette douleur.
Étienne, tout à son rêve enfin réalisé, ne voyait pas, ou
faisait semblant d'ignorer, la tristesse infinie qui navrait
les traits délicats de son épouse. Isabeau, sa mère, n'était
pas dupe du regard perdu de sa bru.
«Belle et fière, cette jolie Maria, mais aussi habitée
d'un chagrin insondable ! Mon fils, mon cher garçon
si fort et si vaillant, saura-t-il trouver le chemin de son
coeur... ou bien aura-t-il à souffrir de ce désamour ?»