Le rapt, le mort et le Marseillais

- Tu as gagné le gros lot, mon gars. Le Marseillais m'a
demandé que tu l'accompagnes sur une enquête.
Il y a eu un bref silence et quand il a poursuivi, sa voix avait
changé. On sentait presque une pointe d'envie.
- Écoute-moi bien. On est tous passés, à un moment ou
un autre, entre ses mains, mais personne n'a reçu de cours
particuliers. À compter de maintenant, c'est lui ton
supérieur. Ne passe pas à côté de ça. Jamais, et j'ai bien dit
jamais. Jamais dans cette vie tu n'auras une opportunité
comme celle-ci. Tu vas pouvoir le presser comme un
citron. Maintenant tu m'as bien compris ?
- Oui.
- Pense que l'honneur de la police andorrane est entre tes
mains. Alors, autant te dire que si tu merdes, ce n'est pas
la peine de rentrer - m'a-t-il menacé, et à son ton, il avait
l'air très sérieux.
J'ai raccroché. Enzo me regardait, l'air interrogatif.
- C'était mon chef - ai-je raconté -. Depuis l'Andorre.
On m'a placé sous les ordres du Marseillais.