Essor des plantations et subversions antiesclavagistes à Cuba (1791-1845)

Essor des plantations et subversions antiesclavagistes à Cuba (1791-1845)

Essor des plantations et subversions antiesclavagistes à Cuba (1791-1845)
Éditeur: Karthala
2010614 pagesISBN 9782811104016
Format: BrochéLangue : Français

Lorsque lui parvint à Madrid où il se trouvait la nouvelle des débuts

en 1791 de la révolution nègre dans la partie française de Saint-Domingue,

Francisco de Arango y Parreño qui fut l'oracle de la plantocratie

cubaine comprit que l'heure de la félicité avait sonné pour les siens. De

fait, dès les lendemains de la fameuse insurrection dite de Boukman qui

ravagea la Plaine du Nord en Saint-Domingue, la grande île de Cuba va

accueillir un contingent qui ira croissant de colons et de nègres français

rescapés de la tourmente.

L'intense transfert technologique et financier engendré par ce flux

migratoire va modifier en profondeur les structures économiques du

pays d'accueil et y altérer pour longtemps les relations sociales. Dès

lors, l'esclavage cubain se métamorphosa en un système de production

des plus coercitifs lié aux lois du marché. Dans ces conditions, on

assiste à une remontée de l'insurgence nègre liée tant à l'entreprise des

révoltes d'esclaves qu'à l'activisme des libres de couleur tout au long

de la première moitié du XIX<sup>e</sup> siècle.

Partant, il convenait de s'attacher au processus d'internationalisation

du conflit nègre à Cuba dont les protagonistes ont été les Haïtiens et

les Anglais mus par des desseins bien distincts. En contrepartie, la part

a été faite aux mesures de répression et de dissuasion de la puissance

coloniale qui sut tirer parti de la menace que constituait le «péril noir»

pour juguler les velléités séparatistes à Cuba au temps des guerres d'indépendance

de l'Amérique espagnole.

Enfin, a été mise en lumière l'attitude des gens de Lettres cubains

qui, en s'engageant dans la lutte contre l'esclavage et le préjugé de couleur,

ont ouvert la voie aux Pères de la Patrie, de Carlos Manuel de Céspedes

et Antonio Maceo à José Marti dont on connaît la geste insigne

dans la seconde moitié du XIX<sup>e</sup> siècle.

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