Ils l'appelaient Nouvelle-France... : introduction à la Nouvelle-France et actes des Journées d'étude sur les mythes et rêves fondateurs de l'Amérique française tenues à la Maison de la recherche de la Sorbonne, les 21 et 24 mai 2008

«Je me proposais de découvrir (ainsi que je
l'ai dit dans ces Mémoires et dans plusieurs
de mes ouvrages) le passage au nord-ouest
de l'Amérique»
(Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe )
Qu'est-ce qui pousse les hommes loin de leur pays, aux époques de
fondation, hors des temps de guerre et de haine ? Qu'est-ce qui
animait les hommes et les femmes de divers pays européens, dont la
France, qui partirent fonder des établissements européens en
Amérique du Nord, notamment aux XVIème et XVIIème siècles ?
Certes, il y avait l'or - à vrai dire bien moins présent qu'en Amérique
du Sud -, et la promesse de richesses matérielles : minerais, or brun
des pelleteries, ressources alieutiques...
Mais il y avait aussi, diffus (ou explicites chez les plus lettrés d'entre
eux), les mythes que poursuit l'homme occidental depuis l'aube des
temps, et notamment aux époques de grandes migrations : mythes
religieux, nostalgie du Paradis terrestre ou appels à un monde
régénéré, mythes profanes découlant de l'histoire ou des idéologies
nationales ; mythes moraux liés aux défis individuels sociaux et
politiques, engendrés par ces mondes inconnus, à l'espoir de liberté,
de progrès, etc.
C'est à l'analyse de ces mythes, de ces rêves, que nous invite Bernard
Emont et son équipe du GRECA, à partir des écrits anciens relatifs
à ces périodes ; mythes et rêves qui nous entraînent, en particulier,
dans l'épopée que fut la Nouvelle-France, puis à travers toute
l'Amérique du Nord ; mythes d'autrefois, mais qu'il n'est pas
inintéressant de confronter, parfois, à nos attentes modernes...