Effusion et tourment, le récit des corps : histoire du peuple au XVIIIe siècle

«C'est le souffle des corps anonymes et
peu aisés du XVIII<sup>e</sup> siècle qui sera retranscrit
ici. Là frissonne quelque chose. Le
corps des précaires possède une présence
et une actualité qui en disent long
sur la vie d'autrefois. Tenter l'approche
historique et politique de cette partie
matérielle des êtres animés confirme au
corps son infinie noblesse, sa capacité à
créer avec l'histoire et malgré elle. Cela
coûte des rires et des cris, des gestes et
des amours, du sang et des chagrins, de
la fatigue aussi. Le corps, son histoire et
l'histoire ne font qu'un.» A. F.
Se fondant notamment sur les archives
de police du XVIII<sup>e</sup> siècle auxquelles
mieux que personne elle sait rendre vie,
Arlette Farge donne voix aux attitudes et
aux gestes, aux paroles, aux émotions
que trahissent les menus incidents de
rue. Tel un peintre, elle reconstitue un
tableau des petites gens de Paris qui
ouvre sur une histoire du peuple en
chair et en os.