La Saint-Barthélemy : de la guerre de clans au massacre religieux

Ce 22 août 1572, Gaspard de Coligny quitte le Louvre et s'en va déjeuner.
Il n'est pas tout à fait midi. Un coup de feu claque, l'amiral chancelle.
Soutenu par ses amis, il se redresse et pointe du doigt la fenêtre d'où est
venu le tir. Il saigne. Mais si la blessure ne semble pas mortelle, ce sang qui
coule le long de son bras est le prélude d'une saignée fatidique.
Pour comprendre la Saint-Barthélemy, qui balance entre crise de folie
foudroyante et sourde réaction politique, il faut prendre en compte les
agissements de rois malades ruinés par le vice, les intérêts personnels et la
pression d'une spiritualité débordante qui bouleverse les espérances et fait
vaciller la tradition romaine. En y ajoutant la superstition, les fantasmes et
les malédictions.
C'est à l'occasion du mariage d'Henri de Navarre avec Marguerite de
Valois, la fille de Catherine de Médicis, que tout bascule : la tentative
d'assassinat de l'amiral de Coligny, puis le massacre de la Saint-Barthélemy
vont déchirer la France.
Éric Denimal raconte ce drame qui rougit la Seine et ensanglanta le pays le
24 août 1572. Il met ici en scène une des plus grandes tragédies de l'Histoire
de France qui, après avoir accouché de la Renaissance, rechute dans une
étrange sauvagerie moyenâgeuse. Il n'a pas eu besoin du renfort de la
fiction ; la réalité l'a bien dépassée !