Le mal à dire dans la traversée du cancer

À 44 ans, le diagnostic du cancer du sein
m'assaille de toute part ; physiquement,
moralement, émotionnellement... Je rentre
très rapidement dans un monde méconnu
et effrayant : la médecine vue de l'intérieur.
Je découvre l'ampleur et l'agressivité de
la maladie dans une ambiance médicale
technique et impersonnelle (protocole,
pourcentage...). À cela s'ajoutent les
complications multiples et intrusives des
démarches administratives.
Je déploie une énergie démesurée,
déplacée, non reconnue pour combattre les effets secondaires des
traitements, pour trouver des modes alternatifs de soulagement. Je
tiens tête aux agressions institutionnelles pour revendiquer le droit au
respect de la personne...
Au-delà de la qualité des soins, je m'interroge sur le suivi et
l'accompagnement de la personne malade mais encore sur la
dimension relationnelle, la place des traitements alternatifs et la prise
en charge du malade dans sa globalité...
C'est l'extraordinaire entourage personnel qui m'a fait croire à
l'issue de ce tunnel dans lequel j'ai failli perdre l'espoir et... la vie !