Café sucre : solution d'une guerre en Côte-d'Ivoire ?

La Côte-d'Ivoire était un exemple de paix aux yeux de l'Afrique. Les fantômes d'ivoire que
sont les cousinages ethniques transfrontaliers, les enfants soldats et les phénomènes
d'exclusion mortelle qu'un politicien a qualifiés d'ivoirité ont bouleversé le pays. Il est vrai
qu'on ne fait pas la guerre avec des saints : mais est-ce bien une raison pour prendre le
risque de s'allier au diable ? La population du nord et celle du sud du pays ont partagé les
mêmes peines au moment de ces fêtes sanglantes. À ce jeu d'alliances terribles avec des
cousins encombrants et machiavéliques, avec des agitateurs brillants, la Côte-d'Ivoire s'est
enfoncée dans la guerre. Le résultat des élections récentes a relancé la violence.
Quand il existe une frontière génératrice de guerre, il faut faire admettre aux belligérants
une logique d'intérêts complémentaires (économiques, culturels, institutionnels) plus forte
que les logiques passionnelles, politiques et partisanes. Car l'avenir de cette Côte-d'Ivoire
coupée en deux n'est pas un problème d'égalité mais de complémentarité.
Alors si le café du sud était édulcoré par le sucre du nord ? Il y aurait bien un endroit dans
le pays où l'on pourrait boire du café sucré ?