Kant face aux mathématiques modernes

Mathématique(s), Physique(s) et
logique(s) vivent depuis le XIX<sup>e</sup> siècle
une révolution permanente qui fait
éclater les paradigmes auxquels
Newton, Aristote et Euclide étaient
associés. Littéralement apparenté à
ces derniers, le dispositif kantien, Critique de la raison pure au centre, fut de
façon concomitante profondément remis en cause et son caractère obsolète
n'a cessé depuis d'être martelé. L'objectif de ce volume est de montrer au
contraire que la philosophie transcendantale, loin d'être une simple pensée du
passé, non seulement n'a pas forcément été par soi invalidée par les histoires
récentes de la logique et des mathématiques, mais qu'elle a également
nourri, autant dans l'aire «anglo-saxonne» que dans l'aire «continentale»,
et au travers de multiples refontes, de fécondes perspectives.
Quatre contributions croisant ces différentes sensibilités, témoignent en
première partie de cette vitalité actuelle du style kantien (J. Hintikka et
R. Villko, P. Martin-Löf, J. Petitot, J.-M. Salanskis). En seconde partie sont
présentées, traduites pour la première fois, deux contributions de l'École de
Marbourg historiquement constitutives du débat : celle de Cassirer, Kant und
die Moderne Mathematik (1907), par V. Schaepelynck, et celle du chapitre V
de l'ouvrage de Natorp, Les fondements logiques des sciences exactes (1910),
par J. Servois, consacré aux concepts de dimension et de nombre.