Cristallographie(s) : Montesquieu, Certeau, Deleuze, Foucault, Valéry

Les imaginaires explorés par ce livre ont ceci de commun qu'ils
tentent de s'en tenir à la matérialité du monde, de ses corps, de
ses images, de ses lois. Ils affirment chacun à sa manière le
monde et sa fable. Ils y construisent la figure d'un à-côté, d'une
fuite, d'une déviation ou d'un renversement. Un coup d'oeil
persan. Lois et calculs ; clôtures et braconnages ; lignes de fuites ;
histoire(s).
Les noms que ce livre convoque forment des cristaux, quelque(s)
cristallographie(s). La lumière s'y dévie, s'y diffracte, révèle ses
palettes de couleur, butte contre les grains obscurs de la matière,
comme une matière elle-même concentrée et diffractée.
Cette constellation se rend visible autant par la littérature
(Kawabata, Kafka, Proust, etc.) que par la peinture (Bosch,
Velázquez, etc.), comme autant d'images projetées.
Cette lumière prend des corps et une écriture, rythmicité opaque
et clarifiante, sans mystères. Les cristaux qu'elle traverse sont
des corps imaginaires, politiques, érotiques : la lumière s'y projette
en corps à corps, à peau contre peau. Blessante, coupante,
rasante, douce ou crue. Les catastrophes conceptuelles s'y
aggravent ou en diffèrent.
De Montesquieu à Valéry, de Certeau à Deleuze et à Foucault, les
imaginaires (d'émancipation, de liberté, d'invention en jeux
d'obsessions, de confrontations, de contraintes et de problèmes)
se croisent et s'interrogent, se reflètent autrement (Spinoza,
Kofman, Agamben, Malabou, Nietzsche, Derrida) se regardent
sans se répondre, par des jeux de miroirs superposés. Une autre
manière de partager, en rythmes et en images, quelques pratiques
d'écriture et de pensée.