Mon Allemagne

«Ma situation n'était pas très différente
de celle des Noirs solitaires dans ces
petites gares oubliées. J'avais la peau
blanche, mais l'âme noire. Si vous voulez
connaître la vraie solitude, vous devez
aller en Allemagne. Vous devez effectuer
quinze fois le trajet en train de Francfort
à Cologne et vous réveiller au milieu
de la nuit à Hamm, au septième étage
d'un hôtel aux comptoirs et aux rampes
plaqués or. Et scruter l'obscurité au milieu
de la nuit, discerner là-bas, au loin, les
lumières de deux grands clochers qui se
révéleront au petit matin des bâtiments
industriels. Il faut avoir été à Krefeld et
à Hagen, et aussi à Duisburg, pour que
la gare de Stuttgart apporte enfin l'apaisement
par l'évocation de la Gara de Nord
[à Bucarest].»
«Ce qui est beau, chez Stasiuk, c'est
le mélange de détails concrets et de
mystère, de prosaïsme et de bref vertige,
de banalités et de splendeurs.» Évelyne
Pieiller
«Peu d'écrivains savent réfléchir de
façon active en observant, en entendant
- mais aussi, en voyant, en écoutant.
Philosophie et politique nourrissent chez
lui le sens de l'image et l'art de l'instant.»
Jean-Maurice de Montremy