La formation de la pensée juridique moderne

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«La pensée juridique moderne n'a pas su résister aux charmes de philosophies
extrinsèques (de moralistes, de mystiques ou de physiciens), philosophies élaborées
dans la méconnaissance du droit à partir desquelles nul ne peut (et ce serait
un travail de Sisyphe de le vouloir) reconstruire le droit. Elle s'est laissé subjuguer
par des représentations simplistes et très artificielles du monde, incompatibles
avec le droit. Comment y échapper ? Je ne vois pour nous juristes, d'autre remède
que de remonter l'histoire jusqu'au siècle où s'est opérée cette révolution,
à ce carrefour où les modernes, à notre avis, se sont fourvoyés. Et de repartir
dans la voie qu'à tort ils ont abandonnée : celle du réalisme classique.»
- «Pourquoi publier ces cours, anciens déjà ? ... Pour l'amour de
la grande pensée, plus excitante encore lorsqu'elle se donne à voir,
affrontée aux plus difficiles enjeux, dialoguant avec les oeuvres
maîtresses de notre tradition philosophique, travaillant sur elle-même,
vivant, rendue plus belle encore dans le don superbe de l'enseignement.»
Dans une présentation de cette édition, Stéphane Rials esquisse
une interprétation de l'entreprise de Michel Villey et rend
hommage à celui qu'il considère comme le «plus grand
penseur des facultés de droit françaises au XX<sup>e</sup> siècle».