Construire l'éducation : de l'Ancien Régime à nos jours

Avec Montesquieu (1748), La Chalotais (1763), Rolland d'Erceville (1768),
les projets d'éducation fleurissent dans la France des Lumières et deviennent
sous la plume d'hommes politiques tels que Condorcet, Lakanal, Le Peletier
de Saint-Fargeau ou Gilbert Romme, très nombreux sous la Révolution. Au
lendemain de la guerre de 1870, les républicains s'occupent d'abord de penser
un nouveau système éducatif. Après la Seconde Guerre mondiale, le plan
Langevin-Wallon, trop novateur pour l'époque, est condamné à l'abandon.
Ces nombreux projets ne montrent-ils pas combien une société bouleversée
par les guerres ou les révolutions a essayé de se métamorphoser en proposant
de nouveaux systèmes éducatifs ? Ainsi, le plan d'éducation se présenterait
à la fois comme le fruit d'une lente évolution et comme le résultat d'une
rupture radicale avec une structure sociale ancienne. En proposant des axes
précis, parfois concrets, il permet incontestablement de façonner les hommes
et d'édifier, par le biais de l'éducation, une société nouvelle. Utopiques ou
réalistes, ambitieux ou plus modestes, adoptés ou rejetés, les plans sont les
produits de courants de pensée qui privilégient, en fonction des périodes,
soit l'éducation, soit l'instruction. Ces incertitudes et ces réflexions françaises
sont également très présentes dans les autres États européens.