Le lion réincarné : un conte contemporain : ce que dit le marronnage

Le roi-lion retourne chez lui... Et, selon des témoins, quand elle fut
arrivée à Janjanbureh, la dame était en transe à longueur de temps... Les
gens qui ont assisté à cela ont jugé que ce n'était pas une simple transe,
c'était véritablement une transfiguration (transe-figuration ?) Elle n'avait
plus rien à voir avec la malade mentale que d'autres avaient repérée
auparavant...
La déportation en esclavage date des XV<sup>e</sup>-XVI<sup>e</sup> siècles. Le roi-lion
a été, lui, déporté d'Afrique dans les colonies anglaises d'Amérique
du Sud au XVII<sup>e</sup> siècle. Des pratiques animistes ont perduré depuis
avant le VIII<sup>e</sup> siècle et restent encore de nos jours, dans toute l'Afrique
occidentale, un acte fort dont l'enjeu est l'âme de populations qui
continuent de trouver dans de tels fonctionnements la matière de leur
ferment social.
Ne faut-il pas y voir un acte de refus, de résistance, quelque chose
comme un «pré-marronnage» ? C'est cet individu, descendant des
premières dynasties qui est réincarné. Mais il n'est pas seulement la
personne déportée, il est le porteur d'une antériorité animiste qui
correspond bien à l'idée qu'il puisse y avoir dans cette croyance
réincarnation et possession. Le lecteur pourra choisir de considérer ce
récit soit comme un témoignage, soit comme une fiction...