Petite philosophie du jardinier

La philosophie ne peut prendre son sens
que si on l'applique aux défis du quotidien.
Pause Philo, pour voir la vie sous un nouveau jour.
Le tour du jardin, au petit matin, quand la rosée mouille
encore les pieds, est déjà toute une philosophie en soi.
Il y a, dans cette promenade minuscule à pas lents, inquiétude
et sérénité mêlées car tout au jardin, on le sait, est fragile
et éphémère. Celui qui jardine voit d'emblée les formes rondes
ou rectilignes, les lignes brisées, les couleurs contrastées
ou tout en nuances qui s'additionnent ; il en oublie alors
son travail patient de binage, de grattage et de tailles ingrates.
Libre à lui de choisir son itinéraire, de s'arrêter ici ou là,
de s'interroger sur le temps qui passe et sur le devenir
des graines, promesses de lendemains fleuris. Des philosophes
au jardin ou des jardiniers philosophes ? Peu importe, car,
en suivant les petits chemins d'une philosophie buissonnière
et ceux aussi d'une rêverie poétique au jardin, notre façon
d'entrevoir le monde ne sera plus tout à fait la même.
Et ce quelle que soit l'étendue de notre pré carré : de simples
pots alignés sur un balcon de ville jusqu'au jardin
le plus extraordinaire.