Le jeu à Metz, sous l'Ancien Régime

Aujourd'hui comme hier, on ne saurait se
livrer librement aux joies de l'aléa sans
braver les lois de l'Etat : de la prohibition
aux dérogations légales, c'est la
règle qui prévaut dans la pratique des
jeux de hasard en France. Ce paradoxe,
si l'on en juge à l'aune de "la
société des loisirs", repose en réalité sur
les fondements d'un héritage séculaire.
Tandis que la monarchie absolue déclarait
«les jeux défendus», elle donnait un bien mauvais
exemple. «L'abus des jeux» fut tel que le siècle des
Lumières paraît être le siècle du ludique par excellence.
À Metz, le jeu eut ses jours fastes sous l'Ancien Régime.
Au coeur de l'Europe géopolitique et culturelle qui
s'esquisse alors, la cité messine était un creuset prédisposé
au jeu. Metz eut donc ses jeux publics de paume et
de billard, ses loteries, son industrie cartière, ses assemblées
clandestines. Metz eut ses tenanciers intrépides,
ses joueurs invétérés, ses policiers zélés... Un monde de
lumière et d'ombre.