Goethe : la nostalgie de la lumière

Freud voyait en lui le «grand universel» : poète, dramaturge, romancier,
mais aussi collectionneur, dessinateur amateur, conseiller et ministre du
duché de Saxe-Weimar, géologue, botaniste, voyageur, et directeur de théâtre.
Les facettes multiples de l'existence de Goethe, avec leurs contradictions, se
retrouvent dans une oeuvre immense.
En partant de l'étude des écrits scientifiques, notamment de la fameuse
et mal connue «théorie des couleurs», Jean Lacoste montre comment ces
plans si divers (l'art, les sciences, la poésie, la politique) se rencontrent, se
croisent et se confondent.
Apparaît alors dans sa cohérence secrète la «pensée-poésie» d'un
écrivain à mi-chemin entre les Lumières du XVIII<sup>e</sup> siècle et les ombres
romantiques et faustiennes du XIX<sup>e</sup> siècle, la pensée «prophétique» d'un
poète dont la modernité éclate dans la confrontation et le dialogue avec
Freud, Heidegger, ou Nietzsche. Tant il est vrai que, comme a dit ce dernier
dans Humain, trop humain , Goethe «n'a pas exercé son action» et «son
temps est encore à venir».