Etats de choc : bêtise et savoir au XXIe siècle

Etats de choc : bêtise et savoir au XXIe siècle

Etats de choc : bêtise et savoir au XXIe siècle
2012355 pagesISBN 9782755506457
Format: BrochéLangue : Français

L'impression que la déraison domine désormais les hommes accable

chacun d'entre nous. Que la rationalisation qui caractérise les sociétés

industrielles conduise à la régression de la raison (comme bêtise ou

comme folie), ce n'est pas une question nouvelle : Theodor Adorno et

Max Horkheimer nous en avertissaient déjà en 1944 - au moment où

Karl Polanyi publiait La Grande Transformation.

Cette question a cependant été abandonnée, tandis qu'au tournant

des années 1980, la rationalisation de toute activité, rapportée au seul

critère de la «performance», était systématiquement et aveuglément

orchestrée par la «révolution conservatrice» - imposant le règne

de la bêtise et de l'incurie.

Tout en mettant en évidence les limites de la philosophie qui inspirait

l'École de Francfort, le post-structuralisme laisse aujourd'hui

ses héritiers désarmés devant ce qui s'impose comme une guerre

économique planétaire et extrêmement ravageuse.

Naomi Klein a soutenu que la théorie et la pratique ultralibérales

inspirées de Milton Friedman reposaient sur une «stratégie du choc».

L'«état de choc» permanent règne cependant depuis le début

de la révolution industrielle - et plus encore depuis le temps où

s'applique ce que Joseph Schumpeter décrivit comme une «destruction

créatrice», caractéristique du modèle consumériste.

À partir des années 1980, sous l'impulsion de Ronald Reagan et

Margaret Thatcher, l'état de choc technologique a été suscité par un

marketing planétaire ne rencontrant plus aucune limite, imposant

la prolétarisation généralisée, et détruisant l'économie libidinale : ainsi

s'est installé le capitalisme pulsionnel où la destruction créatrice est

devenue une destruction du monde.

L'état de choc est ce que le post-structuralisme n'aura pas pensé,

principalement en raison de deux malentendus : 1. quant au sens de

la prolétarisation (que Marx pense avant tout comme une perte

de savoir induite par un choc machinique), 2. quant à la nature de

l'économie libidinale (au sein de laquelle Freud, à partir de 1920,

distingue la libido de la pulsion).

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