Battement

Battement
Munich, I960. Dans une chambre d'hôtel-pension,
un Français, V. Dans la chambre à côté, une jeune fille, Hal,
qu'entourent des nationalistes du Moyen-Orient. Quelque part
dans la ville, Mérie, qui fut un instant la fiancée de V. Quelque
part en France, El, la femme de V., et qui le croit à la recherche
de Mérie. Derrière une fenêtre rouge, surplombant la chambre de
V. qu'ils ne cessent de surveiller, un Corse au teint olivâtre et son
compagnon, vêtu en paysan bavarois. Le réseau est ainsi mis en
place des forces qui vont jouer, tourner, se resserrer autour de V.
C'est en écrivant ce livre en 1962, que Jean-Pierre Faye a
pris conscience du jeu de résonance des personnages d'un récit à
l'autre, comme du tissage des événements traversant les blessures
d'une société déchirée : l'Amérique du maccarthysme avec Entre
les rues , le Paris saisi par le putsch d'Alger avec La Cassure et, ici,
une Allemagne en proie aux attentats des services secrets français.
Pareillement, les narrations sont visitées par les mêmes anti-héros
désintégrés : Verdier lobotomisé, Guiza psychiquement explosée,
V. (Verdier à nouveau ?) piégé. Ainsi se trame un ensemble
de six romans qu'il nommera Hexagramme, en référence à
l'Hexagramme mystique de Pascal.
Le lecteur, autre personnage, se trouvera inscrit dans cette
trilogie au coeur d'une géographie des villes doublée d'une autre
topographie, celle des êtres, qui, toutes deux, de l'écriture du
passé à celle du présent, coïncident en des reflets trompeurs. Il y a
« battement » entre le jeu des présences et leur éloignement.
Notes de nuit