Les fortifications de Verdun (1873-1918) : stratégie et tactique

En 1873, la forteresse de Verdun est choisie pour constituer l'un des piliers du système fortifié
qui va être érigé entre Dunkerque et Nice pour défendre les frontières face à l'Allemagne et à
l'Italie. Avec tous les autres forts qui sont construits jusqu'à Toul et Neufchateau, elle forme le
rideau défensif de la Meuse. Après 1900, celui-ci dissuade le haut commandement allemand de
recourir à une attaque frontale et l'incite à imaginer une manoeuvre par la Belgique.
En 1914, le rideau défensif de la Meuse «couvre» la concentration des armées, puis constitue
pendant la guerre de mouvement un vaste point d'appui pour celles qui opèrent à ses ailes. Les
Allemands doivent le contourner ou s'en emparer, ce qu'ils tentent courant septembre, sans y
parvenir. Malgré l'aide décisive qu'elle a apportée aux armées au début du conflit, la fortification
permanente, victime d'un défaut d'analyse des événements, sort discréditée de cette première
phase de la lutte. Elle est alors délaissée. C'est pour cette raison qu'au début de la bataille de
Verdun, du 21 au 25 février 1916, les forts ne participent pas au combat. D'où, entre autre, la
perte soudaine du fort de Douaumont. Cependant le général Pétain, qui veut utiliser la capacité
de résistance et d'action des ouvrages de fortification permanente, donne dès le 5 mars l'ordre
de les réintégrer dans le dispositif de combat. Très rapidement, ceux-ci démontrent effectivement
qu'ils demeurent un moyen de combat efficace, tout particulièrement dans une bataille
dominée par le feu de l'artillerie.
Après Les fortifications allemandes de Metz et de Thionville 1871-1918 (Serpenoise, 2006),
Rémi Fontbonne propose une vision renouvelée de la bataille de Verdun à travers l'organisation
de la défense de la Meuse après la défaite de 1870. Fondant son propos sur les archives du
service historique de la Défense et le fond de la bibliothèque de l'Ecole de Guerre, l'auteur,
officier de l'armée de Terre et historien, retrace la genèse des fortifications de Verdun et des
hauts de Meuse puis leur participation aux opérations. Un livre appelé à devenir une base de
connaissance pour tous ceux qui s'intéressent à la Grande Guerre !